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Des études récentes montrent que le comté lui-même
ne verra le jour qu’au milieu du XI e siècle avec Geoffroy
de la famille de Joinville, mais c’est son fils, Renard Ier
qui, le premier, porte le titre de comte de Joigny.
Cette dynastie, qui comprit 14 comtes, s’étendit sur
trois siècles.
Installée sur place, dans son château, elle permit
à Joigny de se développer démographiquement
et commercialement.
Les premiers comtes de Joigny créèrent deux prieurés,
à Joigny même et à l’Enfourchure, la Chartreuse
de Valprofonde et deux abbayes importantes: les Echarlis et Dilo.
Ils participèrent aussi à la création des deux
commanderies : La Madeleine, la templière, et Saint-Thomas,
l’hospitalière. Enfin, avec les habitants, ils furent
à l’origine de l’hôtel-Dieu Saint-Antoine
et des maladreries Saint-Jacques et Saint-Denis de Léchères.
Dynastie brillante, elle s’allia aux plus grandes familles.
Guillaume II accorda les premières franchises aux bourgeois
de Joigny.
Mais c’est Jean II qui, le 20 janvier 1302, affranchira totalement
la ville moyennant 4850 livres, sous réserve des droits des
comtesses douairières Isabelle de Mello, sa grand-mère
et Marie de Mercoeur, sa mère.
Son frère cadet, Robert, devint évêque de Chartres,
sa sœur Isabelle épousa Haakon de Norvège. Sa
fille unique, Jeanne, épouse Charles de Valois, neveu de
Philippe le Bel et frère de Philippe VI; elle meurt jeune
sans enfant après avoir fondé l’hôpital
de Tous-les-Saincts, dans le faubourg du pont.
Son héritier, Simon de Sainte-Croix, échangera le
comté avec la famille de Noyers.
Durant la guerre de Cent Ans, l’hôpital de la comtesse
Jeanne et tout le quartier de la rive gauche furent pillés
et brûlés par les troupes et surtout les grandes compagnies,
et notamment celle de Robert Knoles ou Quenolle.

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